Vous connaissez certainement quelqu’un qui a dû à un moment donné faire une pause professionnelle à la suite d’un burn-out ? Mais qu’est-ce que c’est exactement ?
Le BURN OUT ou syndrome d’épuisement professionnel, concept introduit dans les années 70, émane d’un conflit entre attentes/efforts du travailleur et les exigences émanant du milieu professionnel. Les trois caractéristiques sont :
- Etat d’épuisement émotionnel : fatigue extrême, sentiment de vide, indécision, irritabilité, pessimisme…
- Etat de désinvestissement de la relation à l’autre : attitude négative et détachée envers les clients, les patients, les collègues & perte d’idéalisme
- Diminution du sens de l’accomplissement de la réalisation de soi : dévalorisation de soi, sentiment d’inefficacité, le travailleur se sent dans une impasse
Cet état d’esprit n’est souvent pas remarqué par le travailleur pendant un long moment et la personne peut avoir tendance à banaliser ou à trouver des stratégies d’adaptation inefficaces. Les symptômes du Burn out se traduisent ainsi par des manifestations émotionnelles, physiques, cognitives, comportementales et motivationnelles. Il est important de rappeler qu’il se distingue du stress au travail, dans lequel le sens du travail n’est pas forcément remis en cause et ni systématiquement accompagné d’attitude négatives envers autrui.
Causes du BURN OUT?
- Style de management, la structure de l’institution
- Exposition prolongée à un ensemble de facteurs qui provoquent un déséquilibre entre les ressources dont dispose l’individu et les exigences du travail
Les principaux facteurs de risques sont la charge de travail, le manque de contrôle et d’autonomie, de longues heures de travail, de mauvaises relations entre collègues, le changement organisationnel. Des facteurs liés à l’individu peuvent aussi jouer un rôle : le Burnout concerne notamment les plus jeunes et les individus célibataires.

Aujourd’hui, il n’y a pas de définition dans les classifications internationales tels que le DSM-5 ou la CIM 10. Les symptômes du Burn out ne sont pas spécifiques au Burn out d’où une évaluation clinique peu évidente. Il partage notamment des symptômes de la dépression mais se différencie de la dépression au sens où il s’exprime en premier lieu dans la sphère professionnelle ! Des questionnaires d’évaluations existent, le plus employé est le « Maslach Burnout Inventory (MBI) ». Attention toutefois aux questionnaires que vous pouvez trouver en ligne qui ne permettent pas toujours de distinguer s’il y a bien épuisement professionnel ou si les symptômes sont causés par autre chose : pathologies psychiatriques ou organiques !
Prise en charge ?
Une arrêt de travail puis une intervention par étape :
Phase de crise
Bien souvent commence par une période d’arrêt du travail, avec comme premières conditions, comprendre et accepter, identifier les divers sentiments (anxiété, colère, culpabilité, échec, peur…) pour pouvoir ensuite les gérer.
Problèmes et solutions
Stimuler l’individu à trouver des solutions pour les facteurs qui ont participé à l’apparition du burnout (faire concorder les ressources de l’individu avec les exigences du poste de travail)
Appliquer des solutions
Mettre en place des actions pour réduire les sources de stress qui ont été identifiées et trouver une manière de réagir aux conditions responsables du burnout.
Une approche multidimensionnelle est proposée avec notamment des thérapies comportementale et cognitive, des techniques de relaxation corporelle, un travail sur l’estime de soi ou encore des activités sportives.
Attention ! il est important que vous soyez accompagné pour le retour au travail.
Le Burn out est multifactoriel, évolue à bas bruit, progressivement et peut s’aggraver en troubles anxieux, dépressifs et cognitifs. La prise en charge doit être pluridisciplinaire, osez en parler à votre supérieur hiérarchique, votre médecin de famille ou d’autres professionnels de santé.
Maslach, C., & Leiter, M. P. (2016). Understanding the burnout experience : Recent research and its implications for psychiatry. World Psychiatry: Official Journal of the World Psychiatric Association (WPA), 15(2), 103‑111.
